Comment relier deux switches - Trunk, LACP et erreurs à éviter

Louis Guyon 6. April 2026
Schéma montrant comment connecter 2 switch ensemble via EtherChannel/LACP. Switch01 et Switch02 reliés par des ports GigabitEthernet.

Inhaltsverzeichnis

Relier deux switches est souvent la manière la plus simple d’étendre un réseau local sans tout recâbler. La bonne méthode dépend surtout du type de ports, du nombre de VLAN à transporter et du niveau de redondance recherché. Dans ce guide, je vais aller droit au but: câblage, configuration minimale, cas où il faut activer un trunk ou LACP, et erreurs que je vois le plus souvent sur le terrain.

L’essentiel avant de brancher deux switches

  • Un seul lien RJ45 suffit dans la plupart des petits réseaux si les deux switches servent le même sous-réseau.
  • Pour transporter plusieurs VLAN, il faut généralement un lien trunk 802.1Q sur des switches manageables.
  • Avec deux câbles entre les mêmes switches, il faut penser à LACP ou à STP pour éviter les boucles.
  • Les liaisons cuivre sont limitées à 100 m par segment ; au-delà, la fibre devient plus logique.
  • Sur les modèles récents, l’auto-MDIX et l’auto-négociation simplifient beaucoup le branchement.

La méthode la plus simple pour relier deux switches

Dans le cas le plus courant, je recommande de partir sur un seul lien physique entre les deux switches. Vous reliez un port libre du premier switch à un port libre du second, et le réseau s’étend immédiatement si les deux équipements appartiennent au même domaine logique. Pour un bureau, une petite PME ou un atelier, c’est souvent tout ce qu’il faut pour ajouter des prises réseau sans refaire l’infrastructure.

Sur les équipements récents, vous n’avez généralement pas besoin de vous poser la question du câble croisé. La plupart des ports cuivre détectent automatiquement le type de liaison, ce qui simplifie énormément l’installation. Selon Cisco, l’auto-MDIX est activé par défaut sur de nombreux ports cuivre modernes, et la règle pratique reste la même: tant que vous êtes dans les limites du port et du câble, la connexion fonctionne sans bricolage.

Si les deux switches sont non manageables, ou si vous ne cherchez qu’à partager les mêmes postes et imprimantes sur un réseau unique, le branchement est direct. En revanche, dès que vous avez des VLAN, des liens redondants ou des besoins de supervision plus précis, la simplicité brute ne suffit plus. C’est là que le choix du câble et du mode de port devient important.

Schéma montrant comment connecter 2 switch ensemble via EtherChannel/LACP. Switch01 et Switch02 sont reliés par des interfaces Gi 1/0/25 et Gi 1/0/26.

Choisir le bon câble et le bon port

Le choix du support physique fait souvent la différence entre un réseau propre et un réseau pénible à maintenir. Pour relier deux switches, je regarde d’abord la distance, puis le débit visé, puis l’environnement électrique. Selon Cisco, les ports cuivre 10/100/1000 utilisent des câbles RJ-45 de catégorie adaptée, avec une longueur maximale de 100 mètres par segment.
Option Quand je la choisis Avantages Limites
Cuivre RJ-45 Cat5e/Cat6 Connexion courte à moyenne, réseau classique de bureau Simple, économique, facile à remplacer Distance limitée à 100 m, sensible aux perturbations si le câblage est médiocre
Fibre + modules SFP/SFP+ Distance plus longue, baie distante, environnement bruité Très bon pour les longues liaisons et l’immunité électromagnétique Demande des modules compatibles et une petite expertise de câblage
Câble croisé Ancien matériel sans auto-MDIX Peut dépanner sur des équipements vieillissants Devenu rare sur les switchs récents

En pratique, je privilégie presque toujours le cuivre Cat5e ou Cat6 pour une liaison locale courte. Si vous avez des ports SFP disponibles et un besoin de distance ou de stabilité accrue, la fibre est souvent un meilleur investissement, surtout quand le chemin passe près de moteurs, d’armoires électriques ou de goulottes très chargées. Le bon port compte autant que le bon câble: un port uplink, un port SFP ou un port 10G n’a pas le même usage qu’un simple port d’accès classique.

Autre point utile: laissez l’auto-négociation activée sur les deux extrémités si le matériel le permet. Cisco rappelle que, sur ses équipements cuivre récents, l’auto-négociation et l’auto-MDIX sont là pour éviter justement les réglages manuels inutiles. Si vous devez forcer la vitesse ou le duplex sur un vieux switch, faites-le des deux côtés, sinon vous risquez des erreurs discrètes mais très agaçantes.

Une fois le support bien choisi, la vraie question devient celle du mode de transport des VLAN. C’est ce point qui fait basculer un simple lien physique vers une architecture réellement propre.

Quand configurer un trunk VLAN

Si les deux switches ne doivent transporter qu’un seul réseau, un port d’accès peut suffire. Mais dès que vous voulez faire passer plusieurs VLAN entre les deux équipements, il faut généralement configurer un trunk 802.1Q. Un trunk, c’est tout simplement un lien capable de transporter plusieurs réseaux logiques sur le même câble, en taguant les trames pour que chaque VLAN soit reconnu au bon endroit.

Je résume la logique ainsi: un port access transporte un seul VLAN non tagué, un port trunk transporte plusieurs VLAN tagués. Dans les réseaux professionnels, c’est le cas typique quand un switch d’étage remonte vers un switch de cœur, ou quand vous séparez les postes bureautiques, les téléphones IP et les caméras. Si vous reliez un trunk à un port access par erreur, vous ne verrez souvent qu’une partie du trafic, ce qui donne l’impression d’une panne alors que le problème est simplement de configuration.

Mode Usage recommandé Ce que j’aime dans ce mode Piège courant
Access Un seul VLAN entre deux switchs simples Très simple à comprendre et à dépanner Impossible de transporter plusieurs VLAN
Trunk Plusieurs VLAN entre deux switches manageables Flexible, propre, standard en entreprise Oublier d’autoriser les bons VLAN ou de faire correspondre le mode des deux côtés

Je conseille le trunk uniquement si vous avez une vraie raison réseau de l’utiliser. Sinon, un lien access bien documenté est plus facile à maintenir, surtout quand plusieurs personnes interviennent sur l’infrastructure. Le bon réflexe, c’est de choisir le mode de port en fonction du besoin réel, pas en fonction de ce qui semble “plus avancé”.

Une fois les VLAN maîtrisés, il reste un point critique: que se passe-t-il si vous reliez les deux switchs par plusieurs chemins ou plusieurs câbles ? C’est là que STP et LACP prennent le relais.

Pourquoi STP et LACP changent la donne

Avec un seul câble entre deux switchs, le risque principal est faible. Dès que vous ajoutez des liens redondants, le réseau peut se mettre à tourner en boucle. Cisco rappelle que le protocole STP sert précisément à empêcher les boucles en ne laissant actif qu’un chemin logique entre certains équipements. En clair, STP protège le réseau quand plusieurs chemins existent, surtout si un troisième switch, un bridge ou une mauvaise manipulation introduit une topologie circulaire.

Si vous voulez volontairement utiliser deux câbles ou plus entre les mêmes switchs, je ne conseille pas de les laisser “simples” et séparés. La bonne pratique consiste à les agréger avec LACP, le protocole d’agrégation de liens le plus courant. LACP permet de faire passer plusieurs liens physiques dans un seul groupe logique, ce qui apporte à la fois plus de débit utile et de la tolérance de panne. Sans cela, vous risquez soit une boucle, soit un lien bloqué par STP, soit une instabilité difficile à diagnostiquer.

Situation Ce que je recommande Pourquoi
Un seul câble entre deux switchs Lien simple Le plus facile à mettre en place et à dépanner
Deux câbles ou plus entre les mêmes switchs LACP Évite les boucles et agrège les liens proprement
Deux switchs identiques avec fonction de stack Stack si le matériel le permet Gestion plus simple, souvent vue comme un seul équipement logique

La stack est intéressante si vos modèles sont compatibles, mais je la réserve aux environnements où l’on cherche une administration unifiée et où l’écosystème matériel est homogène. Pour beaucoup de réseaux de petite et moyenne taille, LACP reste le meilleur compromis entre simplicité, débit et sécurité. Si vous n’avez pas besoin de redondance, n’en faites pas trop: un seul lien bien configuré vaut mieux que deux liens mal pensés.

Quand la topologie est décidée, il faut encore poser les choses proprement côté terrain. C’est là que les gestes de câblage et de vérification font gagner du temps.

Le câblage physique pas à pas

Je procède toujours de la même façon, parce que cela évite les oublis de base. La séquence ci-dessous convient aussi bien à deux petits switchs de bureau qu’à une liaison entre un switch d’étage et un switch de cœur.

  1. Je vérifie le type de ports disponibles sur les deux switchs: RJ-45, SFP, SFP+ ou mixte.
  2. Je choisis le câble adapté à la distance et au débit visé.
  3. Je branche un port libre sur chaque switch, idéalement en notant les numéros de ports utilisés.
  4. Je contrôle les voyants de lien et d’activité pour vérifier que la négociation a bien abouti.
  5. Si le switch est manageable, je vérifie dans l’interface d’administration que la vitesse, le duplex et le VLAN correspondent à ce qui était prévu.
  6. Je teste ensuite la connectivité avec un ping vers une adresse du réseau voisin ou vers la passerelle concernée.

Quand je dépanne une liaison, je regarde toujours les LEDs avant de toucher à la configuration. Un port éteint, un port orange qui reste bloqué ou un port qui flappe indique déjà beaucoup de choses. Sur un switch manageable, la page d’état des interfaces ou la sortie CLI permet aussi de repérer des erreurs de compteur, des négociations à 100 Mbit/s alors qu’on attendait du gigabit, ou un VLAN mal affecté.

Cette méthode simple évite de commencer par la configuration alors que le problème est parfois purement physique. Une fois que le lien monte correctement, les erreurs les plus fréquentes deviennent beaucoup plus visibles.

Les erreurs que je vois le plus souvent

Quand une liaison entre deux switchs pose problème, les causes sont rarement mystérieuses. Je retrouve presque toujours l’un des cas suivants:

  • Un lien trunk branché sur un port access, ou l’inverse.
  • Un câble cuivre trop long, écrasé, ou de mauvaise catégorie.
  • Deux câbles posés entre les mêmes switchs sans LACP.
  • Une vitesse ou un duplex forcé d’un seul côté sur un matériel ancien.
  • Un switch non manageable utilisé alors qu’il fallait transporter plusieurs VLAN.
  • Un module SFP ou un type de fibre non compatible avec le port de l’autre côté.

Le piège le plus coûteux, à mon avis, reste la boucle réseau. Une boucle de broadcast peut saturer un segment entier en quelques secondes, surtout si STP n’est pas activé ou si la topologie a été modifiée sans contrôle. C’est pour cela que je préfère toujours documenter les ports utilisés, le mode de chaque interface et le rôle exact du lien entre les deux équipements.

Un autre point souvent sous-estimé est la maintenance. Deux switches reliés ensemble, ce n’est pas seulement un câble de plus: c’est un point d’interconnexion qu’il faut pouvoir expliquer à la personne suivante. Si le schéma n’est pas clair, le prochain dépannage prend deux fois plus de temps.

Le bon choix selon votre scénario réseau

Si je dois résumer en une logique simple, je dirais ceci: plus votre besoin est simple, plus la liaison doit rester simple. Pour un réseau domestique ou une petite structure, un seul câble RJ-45 Cat5e ou Cat6 entre deux switchs suffit souvent. Pour un environnement professionnel avec plusieurs réseaux logiques, je passe au trunk VLAN. Et si la bande passante ou la tolérance de panne devient prioritaire, j’ajoute LACP ou une stack si le matériel le permet.

Je garde aussi une règle de bon sens: au-delà de 100 m en cuivre, je bascule sérieusement sur la fibre, parce que c’est souvent plus propre à long terme. Si les deux switchs sont dans la même baie ou dans des baies voisines, le cuivre reste très pratique. Si la liaison traverse un local technique bruyant ou une longue goulotte, la fibre évite beaucoup de surprises.

Au fond, la bonne réponse à la question n’est pas seulement de brancher deux switchs ensemble, mais de choisir le bon type de lien pour le bon usage. C’est ce choix qui détermine si votre réseau restera simple à faire évoluer, simple à dépanner et simple à documenter dans la durée.

Häufig gestellte Fragen

Un port access transporte un seul VLAN, idéal pour connecter un terminal. Un port trunk (802.1Q) permet de faire passer plusieurs VLANs tagués sur un seul câble physique entre deux switches manageables pour segmenter le trafic.

En utilisant un câble RJ45 de catégorie 5e ou 6, la limite théorique est de 100 mètres par segment. Au-delà de cette distance, il est fortement recommandé d'utiliser de la fibre optique avec des modules SFP pour éviter les pertes de signal.

Pour connecter deux switchs avec plusieurs câbles sans créer de boucle, utilisez le protocole LACP (agrégation de liens). Cela permet de cumuler la bande passante tout en laissant le protocole STP protéger le réseau contre les tempêtes de broadcast.

Sur le matériel moderne, ce n'est plus nécessaire. La technologie Auto-MDIX détecte automatiquement le type de connexion et croise les signaux si besoin. Un câble droit standard (Cat6) convient donc parfaitement dans la majorité des cas.

Artikel bewerten

Bewertung: 0.00 Stimmenanzahl: 0

Tags

comment connecter 2 switch ensemble
relier deux switches
brancher deux switchs entre eux
configuration trunk entre deux switchs
relier deux switchs avec vlan
Autor Louis Guyon
Louis Guyon
Je m'appelle Louis Guyon et je suis un expert en solutions informatiques, bureautique et formation, avec plus de dix ans d'expérience dans l'analyse de marché et la rédaction de contenus spécialisés. Mon parcours m'a permis de développer une connaissance approfondie des technologies émergentes et des meilleures pratiques en matière de bureautique, ce qui me permet d'offrir une perspective unique sur ces sujets. Je m'efforce de simplifier des données complexes pour les rendre accessibles à tous, en m'appuyant sur une analyse objective et rigoureuse. Mon objectif est de fournir des informations précises et à jour, afin d'aider mes lecteurs à naviguer dans le monde en constante évolution des solutions informatiques. Je suis engagé à promouvoir une compréhension claire et éclairée des outils et des ressources disponibles, en veillant à ce que chacun puisse tirer profit des avancées technologiques.

Beitrag teilen

Kommentar schreiben